Bilan de l'annéeLecture

BILAN MANGAS, WEBTOONS ET ROMANS 2023

Voici le bilan manga de l’année 2023 !! Combien j’ai lu de manga en 2023 ? Et bien plus de 400. J’ai tenté de tenir un thread durant toute l’année pour savoir à peur près combien j’en avais lu. Une chose qui n’a pas changé c’est la taille de ma PAL qui est immense. Je tente par période de la faire baisser, mais il y a tellement de sorties que c’est peine perdue. Elle redevient énorme juste après. D’ailleurs ça va devenir un gros problème. L’année dernière j’avais dit que j’allais me calmer et si j’ai tenté de faire du ménage, ça n’a pas été assez, et je vais être obligée de continuer à en faire.

Il y a énormément eu de sorties (nouveautés ou pas) cette année. Trop même. Avant, j’avais un pique à Japan Expo, mais le reste du temps c’était raisonnable. Maintenant, c’est presque tous les mois. Même décembre a été un gros mois alors que d’habitude pas du tout. Il y a trois choses qui ne suivent plus. 1 – mon budget (il n’est pas extensible), la place (idem mon appart est grand, mais quand même je sature) et le temps de lecture. Je n’arrive pas à absorber 10/15 tomes par semaines (achats ou service presse). Et c’est inquiétant.

Je sens qu’à un moment je ne vais plus avoir envie et que je vais arrêter juste pour retrouver un budget raisonnable. J’imagine que si moi je trouve que c’est trop, je ne dois pas être la seule. Même les libraires commencent à trouver que c’est un peu trop et qu’ils n’ont plus la place. Quant aux acheteurs ils sont comme moi à transpirer à chaque fois qu’ils sortent leur carte bleue. Bref, c’est compliqué, même pour le boys’ love car il y a de plus en plus de titres, en seulement trois ans les sorties ont doublé. Et ça ne va pas s’améliorer l’année prochaine. Je vais publier un article avec les nouveautés de 2024 que j’attends et… mon compte en banque est déjà en PLS. Il va y avoir des larmes…

Mes coups de cœur manga

The summer Hikaru die – Pika édition

C’est incontestablement un succès critique au Japon. The summer Hikaru die s’est démarqué très rapidement même avant sa publication. Son histoire, Mokumokuren l’a créé alors qu’il est encore lycéen et se fait remarquer dès 2021 alors qu’il poste ses dessins sur internet. Vite repéré par un éditeur, il est instantanément publié dans le magazine web de Kadokawa Shoten : Young Ace Up. Le talent du mangaka ne réside pas que dans ses graphismes incroyables, mais aussi de par son écriture soigné. Notez que Mokumokuren (le nom de l’auteur) est un Tsukumogami un yōkai-objets.

Il fait peur, mais sans exagération. L’histoire se déroule dans une petite ville de campagne tout ce qu’il y a de plus normal. Pourtant après avoir disparu ce n’est plus le même Hikaru qui est revenu. Il est devenu autre chose. Mais cet autre chose n’est pas à proprement parler effrayante. Bien au contraire, il est curieux de ce qui l’entoure, mais aussi du lien qu’avait son ancien lui avec Yoshiki. On ne sait jamais si Hikaru est bon ou mauvais. Et les alertes de certaines personnes qui en parlent avec Yoshiki le laissent décontenancé. Quelque part son instinct lui dit d’avoir peur de l’inconnu et de l’autre il ne veut plus perdre Hikaru.

L’ambiguïté des sentiments entre Hikaru et Yoshiki. Ne nous voilons pas la face, Yoshiki est amoureux d’Hikaru, son ami d’enfance. Il y a assez de sous texte rien que dans le premier tome pour comprendre que ce n’est pas une simple amitié qui les lit mais bien de l’amour. Et c’est ce qui rend le récit d’autant plus effrayant. Les histoires de yōkai regorgent de ce genre d’amour impossible. Deux mondes qui ne peuvent cohabiter sans une fin atroce. Yoshiki ne veut pas qu’Hikaru meurt, pourtant il sait que ce n’est plus celui qu’il a connu et pourtant il a dû mal à se détacher de son ami.

Lullaby of the dawn

Le titre va au-delà de la simple romance entre deux jeunes hommes. Ichika Yuno nous plonge sur une île où des jeunes enfants sont sacrifiés pour protéger les habitants face à une mer noire créant des monstres marins. Toutes les nuits ils donnent leur jeunesse pour les autres. Elva aurait dû mourir jeune, mais la présence d’Arnór prolonge anormalement sa vie. Si une romance commence à naître entre eux, l’autrice continue de développer les personnages secondaires, dont des personnages féminins. Le mystère qui entoure cette île reste l’un des points importants. Où est cette île ? Pourquoi existe-il des Chamans ? Qui les ont créés ? De nombreuses questions restent encore en suspens.

La fantasy est un genre encore peu courant dans les boys love, tout du moins dans ceux qui nous arrivent en France. C’est donc toujours un grand plaisir d’en lire. Mais surtout comme c’est une série et non un one-shot, Ichika Yuno peut développer son monde. Lullaby of dawn n’est pas limité par son nombre de pages. Des rebondissements vont aussi rabattre les cartes. On est tenu en haleine et surpris à la lecture.

C’est un gros succès au Japon. Le premier tome gagne le prix du manga de l’année aux chil chil awards 2022 et se classe 5e place en 2023, dans la catégorie série. Ce qui frappe tout de suite le lecteur, bien avant le résumé, se sont les illustrations des couvertures, ensuite c’est son scénario original, imaginatif et une romance très douce. Tout le monde peut et doit lire Lullaby of the dawn.

Les noces de Lala

Les noces de Lala est aussi beau que troublant. C’est un titre à ne pas mettre dans toutes mains. Pour ceux et celles qui arriveront à plonger dans l’histoire, vous vous délecterez des aventures et des nombreux rebondissements.

Attention ce manga est pour un public averti qui ne sera pas effrayé par le comportement de Wolsey qui profite de sa force et de son ascendant pour obtenir tout ce qu’il veut de Ramdane. Mais c’est par amour donc on lui pardonne parce que c’est une fiction. Je suis toujours très mal à l’aise avec les comportements toxiques ayant moi-même subi un pervers narcissique dans ma vie. Mais, dans Les Noces de Lala je n’ai pas de rejet de Wolsey, au contraire je comprends pourquoi il agit de la sorte. Il a clairement peur de perdre Ramdane et lui voue un amour indéfectible. Ce qui lui fait faire des choses très, très limites. Mais ce n’est pas gratuit et ça sert l’histoire surtout dans le cadre d’un mariage arrangé à une époque éloignée.

Les noces de Lala est un titre que j’adore de par la portée dramatique du couple Wolsey x Ramdane. Un mariage arrangé, dans un pays très traditionnaliste où un couple gay va forcément avoir quelques déboires. Mais vraiment, il ne faut pas s’attendre à une romance mignonne. Wolsey est amoureux depuis toujours de Ramdane et n’a trouvé qu’un moyen pour l’avoir c’est de truquer la vie du jeune homme et de le forcer à le posséder. Dès lors Wolsey s’y prend mal, mais à aucun moment il ne veut le blesser ou le maltraiter bien au contraire c’est le plaisir de Ramdane qui le motive. Quant à Ramdane, il va mettre plus de temps à comprendre ses sentiments pour son partenaire.

Hoshi dans le jardin des filles

L’humour pince sans rire est la première qualité qui vient à l’esprit quand on pense à Hoshi dans le jardin des filles. L’autrice depuis ses débuts montre un talent certain pour raconter des histoires pleines d’humour subtiles, mais incroyablement efficaces. Ses personnages ont très souvent un air lugubre, ce qui rend l’effet comique encore plus savoureux. On s’attache rapidement à Hoshi et Kobayashi, on s’amuse de leurs aventures du quotidien. Il est totalement anodin et pourtant on a toujours un petit sourire aux lèvres. Parce que les réactions de Hoshi sont aussi drôles que déconcertantes.

Nous assistons aux débuts d’une future grande mangaka. Née en 1995 à Okinawa, elle commence sa carrière en 2015 dans le cursus « manga » de l’Université polytechnique de Tokyo. Malgré ses efforts pour lancer une série, c’est un échec car elle avait perdu de vue ce qu’elle voulait vraiment dessiner. Elle poursuit donc sa carrière dans le milieu du fanzinat (doujinshi). Et c’est là qu’elle se fait repérer avec son premier one-shot : Captivated, by You (inédit en France). Elle remporte ensuite le prix culturel Tezuka Osamu dans la catégorie one-shot ainsi que le prix pour les débutants au Japan Media Arts Festival Awards.

C’est incroyablement feel-good, alors que le héros a un caractère morose. Ce dernier est team premier degré et son collègue, plus enjoué, s’en amuse beaucoup. Pour notre plus grand plaisir. Dans ces temps compliqués, ça fait du bien de lire un manga qui donne du baume au cœur. Hoshi dans le jardin des filles est une série bonbon pour vos soirées pluvieuses. L’humour n’est jamais malvenu ou malaisant alors que c’est littéralement la vie de professeur masculin dans un lycée de jeunes filles. Soulignons aussi le beau travail d’Alexandre Fournier sur la traduction.

Monstrophobie

Il traite avec justesse de sujets de société comme le harcèlement à l’école, l’homophobie, les comportements toxiques, le suicide ou encore le mal être des adolescents. Écrire un one-shot (même épais) sur diverses thématiques complexes peut s’avérer casse-gueule. Mais Kazuki Minamoto s’en sort très bien et il nous offre un récit lumineux et très ouvert.  Il se paie même le luxe de nous fournir une fin brillante teintée d’amertume. Il faut s’accepter tel qu’on est et accepter les autres tels qu’ils sont sans jugement. Les paroles les plus anodines peuvent faire plus de mal qu’un coup de poing. Et surtout, vous pouvez apprendre de vos erreurs, les corriger et changer.

Son style graphique sort des canons habituels. Peut-être serez-vous interloqués par la tête de monstre quand le héros se transforme en kaijū. C’est vrai qu’il a un style très particulier, même dans l’univers du boys’ love ses récits sont très différents tant graphiquement que sur le fond. Mais il ne faut pas que ça vous freine, bien au contraire c’est une alternative rafraîchissante, loin des canons du bara ou du BL. Un entre deux réalistes qui ne peut que plaire aux lecteurs.

Kazuki Minamoto est un mangaka talentueux qui tient des propos sincères. Il a fait son coming-out dans un de ses one-shot autobiographiques en parlant de sa rupture avec son petit ami et des difficultés qu’il a rencontré par la suite. Il avait écrit ce récit dans un doujinshi (fanzine) à la base avant de le voir sérialisé durant trois longues années. Il a souvent douter sur comment amener son récit, ce qui prouve son envie de parler de tous ces problèmes de la façon la plus juste possible.

 

Le vendeur du magasin de vélos

Panko est une jeune femme tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Elle est jolie mais timide, et n’ose pas rembarrer les avances de ses collègues ou de son chef libidineux. Quand l’un d’entre eux lui demande de l’ajouter sur Line, elle n’arrive pas à refuser, pourtant elle n’en a pas envie du tout. Mais elle ne sait pas comment lui dire que ça ne l’intéresse pas du tout. Elle va travailler en vélo et un beau jour elle va faire la connaissance d’un réparateur de vélo. Il est plutôt beau gosse malgré une dégaine de voyou. Plus jeune qu’elle, il va l’aborder mais sans insister.
L’habit ne fait pas le moine, même si Takahashi a un look de délinquant et qu’il a une longue expérience avec les filles, c’est lui qui fera le plus attention à ce que veut et ressent Panko. Il va s’inquiéter pour elle et ne jamais juger sa peine. Elle aussi saura être présente à ses côtés et à son écoute.
Le vendeur du magasin de vélo est typiquement ce genre de manga tranche de vie incroyablement bien écrit. Que ce soit dans la joie ou la douleur, notre petit couple va avancer main dans la main.

Les rattrapages

Je n’ai pas forcément commencer beaucoup d’ancienne séries. Cependant, j’ai tout de le même acheter quelques anciennes séries qui étaient compliqué à trouver et qui sont réédité. Je pense notamment à MARS, que je n’avais jamais lu à l’époque et que je suis très heureuse d’enfin découvrir. Sous l’influence du film the first slam dunk j’ai commencé Real, mais je n’ai pour le moment pas encore été très loin.

Webtoon

J’ai essayé d’être raisonnable. Je lis beaucoup de titre sur Bontoon avec de jolies nouveautés (J’attends, Smyrna & Capri). Il faut que fasse un article sur les derniers que j’ai rajouté dans ma liste de lecture (Là où le soleil brille, Pas mon genre et Romance sous le saule).
Sur Lezhin je lis seulement Jinx. Sur Webtoon je continue juste Gradalis et Boysfriends car He U are s’est terminé il y a peu. J’attends Ramona avec impatience après le début dans la partie Canvas. J’ai attendu le retour de Heartstopper sur Tapas et je profite de ce dernier arc avant la fin de la série.

Romans

J’ai lu quelques romans cette année. Même si c’est très peu par rapport à ce que je pouvais lire avant c’est mieux que l’année dernière.


Je remercie les éditeurs qui me font confiance et m’envoie les services presse : Pika, Nobi Nobi, Ki-oon, Panini manga, Lanovel, Nazca, Ototo/Taifu, Chatto chatto et de façon plus inégale ou en pdf Michel Lafon, Vega-Dupuis, Kotoon, Akata et Kana. Je précise en bas de l’article si c’est un service presse ou un achat perso. Dans tous les cas que j’aime ou que je n’aime je le ferais savoir.

Tanja

Tombée très tôt amoureuse du Japon, Tanja écrit sur la J-music, les mangas et les anime depuis 1997 dans des fanzines puis sur plusieurs webzine et sur son blog. Dès que l'occasion se présente elle part au Japon se ressourcer.

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