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Le son des morts, la voix du pardon ?

Le son des morts est un manga de Daruma Matsuura prépublié dans le magazine Evening (seinen) durant l’année 2019. C’est dans ce même magazine qu’on pouvait lire Kasane – La voleuse de visage (Ki-oon). J’ai déjà parlé de son dernier titre en cours : La Danse du soleil et de la lune (Ki-oon). En France, c’est chez Delcourt-Tonkam qu’on retrouve l’autrice pour la première fois.
Née en 1984, Daruma Matsuura est une écrivaine et dessinatrice japonaise qui réside près de Tokyo. Elle interrompt des études aux Beaux-arts pour se lancer dans le métier de dessinatrice, et remporte en 2009 et 2012 deux prix de l’éditeur Kodansha qui saluent ses premiers travaux. Elle se lance dans l’écriture en 2014, avec la publication d’un premier roman, Izana.

C’est quoi l’histoire ?

Yato Tsurumi, professeur d’art, a perdu sa femme il y a deux mois, emportée avec leur maison par une crue… Depuis, le cœur brisé, il passe ses journées à broyer du noir et son aptitude à voir les lieux disparus n’arrange rien. Un jour, il se retrouve en charge de Ima Hayabuchi, une élève submergée par sa capacité à entendre le « son des morts » depuis qu’elle a perdu son père dans un tremblement de terre.

Le son des morts
Pour lire un extrait cliquez sur l’image © Daruma Matsuura / Kôdansha
Rémanence et vestiges

Les personnes qui nous ont quittés ont tous envie que quelqu’un entende enfin ce qu’ils essaient de dire. Un enseignant, en deuil depuis le décès de sa femme, se retrouve en charge d’une élève submergée par sa capacité à entendre le « son des morts ». Yato Tsurumi voit ce qu’il appelle des « vestiges fantômes ». Se superpose le décors, avec ce qui a été comme si une image rémanente était réelle. Normalement c’est une illusion optique qui continue à apparaître après que l’exposition de l’original a cessé. Mais, perçois ce qui n’est plus. Ima, elle, perçoit les sons des défunts. Ce ne sont pas des mots intelligibles, mais des bruits en rapport avec la mort tragique de ces derniers. C’est pour ça qu’elle porte des écouteurs en permanence pour ne pas les entendre.

Elle va sortir de son isolement et prendre des cours de dessin avec lui. On retrouve l’ambiance des prépa qu’on peut voir dans Blue period. Ima apprendra l’histoire déchirante de Tsurumi, dans un second temps, elle aidera un autre personnage dont on avait entendu parler au début de l’histoire mais qu’on avait laissé un peu de côté.

Le son et l’image

Le one-shot bénéficie d’une très belle fabrication : papier de qualité pour la jaquette dans le même genre que Dans le sens du vent chez Soleil manga. avec un titre avec un vernis sélectif du plus bel effet.
J’ai beaucoup aimé, plusieurs histoires douloureuses et pleines de regrets s’entremêlent. J’ai juste eu un goût de trop peu car la fin est assez abrupte alors qu’on a pourtant démêlé toutes les problématiques. J’en aurais bien repris pour quelques pages ou chapitres.

Le son des morts est une jolie découverte, aussi touchante que délicate. Le talent d’écriture de Daruma Matsuura ne se dément pas même sur un format plus court que d’habitude. Laissez vous emporter par ces vestiges de vie qui hantent encore les vivants.

Public : Tout public – dès 14 ans

Tanja

Tanja écrit sur la J-music, les mangas et les anime. Tombée très tôt amoureuse du Japon, elle est rédactrice depuis 1997 dans différents fanzines, magazines (Japan Vibes, Rock one), webzines (JaME, Journal du Japon) ainsi que sur son blog (Last Eve). En 2019, elle s'inverti dans le BL Café pour parler de Boys' love aux plus grand nombre.

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