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yama, live report et interview

yama

yama se cache derrière un masque, cheveux bleus électriques et des vêtements de streetwear amples. Sa voix est reconnaissable entre mille parfois douce, parfois rauque. yama impose son style, son amour le vocaloid et met son incroyable talent vocal au service de compositeurs de divers horizons.

J’ai pu rencontrer l’artiste lors d’une interview à JAPAN EXPO ainsi qu’assister à sa prestation à l’Anisong Festa devant un public déjà totalement conquis.

Article rédigé pour Journal du Japon

Qui est yama ?

Après avoir commencé une carrière dans la chanson avec des reprises Vocaloid, iel fait des débuts remarqués en avril 2020 avec le titre original Haru wo Tsugeru. La chanson a atteint la 7e place du Billboard Japan Hot 100 et la 8e place du classement Oricon pour les singles. Elle est de Kujira un producteur vocaloid qui écrit pour Ado, MAISONdes ou encore le boy’s band SixTONES.

L’année suivante, yama interprète son premier générique d’anime: Mahi pour 2.43 : Seiin High School Boys Volleyball Club, composé par TOOBOE musicien et producteur vocaloid talentueux.

yama sait s’entourer que ce soit pour ses chansons ou ses clips.

yama
Photo © Sony Music Labels Inc.

Parmi ses nombreux titres à succès figurent Oz (Ranking of Kings), slash (Mobile Suit Gundam : The Witch from Mercury), Magical Syndrome, thème du clip spécial Magical Chiikawa, ainsi que Shikisai, générique de fin de la série animée SPY×FAMILY. 

Au printemps 2026, c’est sa collaboration avec le chanteur et compositeur Vaundy pour l’anime Tsugai – Daemons of the Shadow Realm qui fait parler. Il lui écrit l’ending Tobou yo alors qu’il interprète le générique de début Tobu Toki.

Lors de la tournée asiatique Koshitantan 2025, iel s’est produit.e à Séoul, Taipei, Kaohsiung, Singapour et Hong Kong, rassemblant environ 7 000 fans au total.

yama masque toujours une partie de son visage. Iel utilise une image non binaire, se qualifiant de gendermix et évoque en interview, un manque de confiance en soi et le désir de préserver son identité et sa vie personnelle. Cela ne l’empêche pas de faire une belle carrière au Japon et en Asie en général. yama est l’invité.e de l’Anisong Festa à JAPAN EXPO aux côtés de Shôko Nakagawa et Cö Shu Nie.

Interview de yama

yama à JAPAN EXPO
Yama à JAPAN EXPO © Photo de Tatiana CHEDEBOIS – Ne pas reproduire sans autorisation

Journal du Japon : Pour commencer, je voudrais que vous me parliez un peu du début de votre carrière. Et ensuite, je voudrais que vous m’expliquiez comment vous êtes arrivé.e au tie-up avec l’anime.

yama : J’ai commencé ma carrière en 2018, en faisant des reprises de vocaloid. Après, j’ai rencontré mon producteur actuel. Avec lui j’ai continué sur le vocaloid. J’avais un objectif, mais les chiffres n’avaient pas beaucoup augmenté. C’est en sortant la chanson Haru wo Tsugeru que j’ai commencé à avoir de plus en plus de personnes qui écoutent mes morceaux. J’étais encore en indies c’est peu après que je suis passé.e en major.

Maintenant ça fait six ans que je suis là-dedans mais en fait depuis le début de ma carrière c’est vrai que j’ai fait beaucoup d’anime mais en ce moment j’essaie de revenir un peu à mes racines en chantant des chansons un peu plus pop.

Mais de manière générale, comment on arrive à avoir des génériques d’anime ?

Par rapport, à mon travail en relation avec l’univers des anime, il est vrai que j’ai eu beaucoup de propositions pour
interpréter des génériques d’anime dès le début de mon entrée en major. Comment j’ai atterri là ? Si je prends l’exemple avec SPYxFAMILY, c’est vrai que j’ai été sélectionné.e parce que l’auteur du manga, Tatsuya Endô, a proposé mon nom pour la série animée.

Mais de manière générale en fait, comment on arrive à avoir des génériques d’anime ? Et bien, c’est une sélection interne chez Sony Music Labels Inc. Il faut faire ses preuves auprès de Sony pour qu’on soit choisi.e pour des anime.

Mahi, le générique de 2.43 : Seiin High School Boys Volleyball Club, est la toute première chanson que j’ai entendue de vous. C’est aussi votre premier générique ?

Oui en effet, c’était mon premier générique d’anime.

Comment choisir les compositeurs et les artistes pour vos clips ?

Quand j’écris un morceau, je me pose la question est-ce qu’il vaut mieux faire un clip en prise de vue réelle ou en animation. A partir de là, je choisis le réalisateur. Avant, c’était un peu différent ça m’arrivait de faire moi-même le storyboard et j’étais moi-même réalisateurise. A partir de là, je choisissais les personnes qui allaient travailler avec moi.

Le masque et le chant

Yama à JAPAN EXPO © Photo de Tatiana CHEDEBOIS – Ne pas reproduire sans autorisation

Quand une nouvelle chanson prend forme, recherchez-vous d’abord une émotion précise ou est-ce que la musique vient naturellement ?

Les deux schémas existent. Pour certaines chansons, je travaille plus au feeling basé sur mes expériences de vie. Par exemple si quelqu’un que je connais décède, ça va jouer sur ma façon de composer dans ce type de chanson. Parfois, il m’arrive de composer une chanson en une seule journée.
Mais j’ai aussi des chansons un peu plus réfléchies où je me base vraiment sur le son. Et à partir de ce son, je me dis : Quelle chanson je veux composer ? Je réfléchis un peu plus longuement à ce que je vais produire.

Et est-ce qu’en cachant votre visage, vous avez eu des problèmes ? Ou est-ce qu’au contraire vous avez eu plus de bénéfices ?

Au début, j’ai choisi cette apparence parce que, depuis que je suis jeune, quand je montais sur scène je tombais facilement dans un état de panique. C’était certainement le reflet d’un manque de confiance en moi. Dès que je me retrouvais devant un public, je pouvais vraiment paniquer. Donc en parlant avec des gens autour de moi, ils m’ont dit : Est-ce que peut-être tu pourrais pas mieux t’en sortir en cachant ton visage ? Quand j’ai essayé de le faire, j’ai découvert qu’en effet ça marchait beaucoup mieux comme ça. Finalement, c’est devenu une part de mon identité un peu iconique.

Mais c’est vrai qu’il y a de gros avantages. J’arrive facilement à passer du mode on au mode off. Par exemple dans la vie privée, c’est vrai que j’ai la chance de pouvoir prendre le train sans que personne ne me reconnaisse. Personne n’essaie de me toucher. C’est vrai que j’aime beaucoup cette possibilité de changer de personnalité quand je le veux.

Vous avez la possibilité d’avoir une vie privée en somme.

Oui (rires).

Yama à JAPAN EXPO © Photo de Tatiana CHEDEBOIS – Ne pas reproduire sans autorisation

Inspiration et nature brute

En dehors de la musique, quelles activités vous permettent de retrouver votre inspiration ?

Mon nom c’est yama et ça vient vraiment du mot montagne en japonais. La première fois que j’ai grimpé en haut du Mont Fuji, je me suis rendu compte que pouvoir être au contact de la nature, c’était une véritable source d’inspiration. Quand on travaille tous les jours l’inspiration a beaucoup de mal à arriver et j’ai remarqué que, par exemple, quand je me balade ou quand je vais au contact de la nature, l’inspiration me vient beaucoup plus facilement.

Avez-vous un message pour vos fans français ?

En fait, c’est la première fois que je viens en France et c’est même la première fois que je viens en Europe. Grâce à ce voyage, je me rends compte de la chance que j’ai d’être là. Je ferai tout pour revenir, mais j’ai aussi besoin de votre soutien pour ça. Continuez à écouter mes chansons pour qu’on puisse rendre cette possibilité réalité.

Merci beaucoup pour cette interview.

Nous tenons à remercier yama, son staff de Sony Music Labels Inc., SEFA et l’interprète de cet entretien Vincent Marcantognini.

Anisong Festa 2026 : yama

Deuxième artiste à entrer sur scène, yama est très attendu.e par le public venu ce soir à l’Anisong Festa. Les nombreux génériques d’anime qu’iel interprète ont fait sa renommée à travers le monde. Alors que le reste de son équipe s’installe, le dernier sound check se fait depuis les coulisses avec le titre Mahi. Le public est déconcerté, mais il s’agite déjà sans vraiment comprendre que c’est juste une mise en place avant le vrai début de son set.

Le public est debout et fait entendre sa voix en criant son nom. yama entre sur scène et le concert peut enfin commencer avec le titre Shikisai qui n’est autre que l’ending de SPYxFAMILY. Le show débute fort avec l’un des titres les plus attendus de la soirée. La renommée de l’anime a forcément un impact sur les artistes qui participent à ce dernier.

Le concert se poursuit avec Halo, le deuxième opening de la série Pokémon, les horizons disponible sur Netflix. L’ambiance est au top et tout le monde saute, danse et chante avec yama. Nous passons à une autre licence qui fait perdre la tête aux scalpeurs du monde entier à savoir Chiikawa avec le titre Magical Syndrome. Un titre pop composé par OHTORA avec qui yama a déjà collaboré plusieurs fois. On lui doit aussi : Origin et Kodama.

Une voix et une présence incroyable

yama n’a pas un jeu scénique particulier, cependant sa voix est parfaite. Pas une fausse note, l’artiste nous impressionne par la justesse de sa prestation. Puis, vient OZ le premier ending de Ranking of Kings. Composé par Nakimushi☔︎ , là encore c’est un artiste avec qui yama travaille régulièrement. Ballade douce au chant puissant, elle transmet parfaitement l’ADN de l’anime.

Derrière la scène, sur un écran géant sont projetés les clips ou les images des différents anime. Les premières notes de piano et de violon de Tobou yo résonnent dans la scène Take. On reconnait tout de suite la patte du compositeur et chanteur Vaundy. Il a composé les génériques de début et de fin de l’anime Tsugai – Daemons of the Shadow Realm, interprétant lui-même celui de début alors que yama s’occupe de celui de fin. Il a parfaitement su mettre en valeur son timbre de voix.

Les fans de robots géants seront ravis d’entendre slash l’opening de Mobile Suit Gundam : The Witch From Mercury Saison 2. Il avait été un peu éclipsé par le générique de fin par une autre grande voix de la J-pop actuel AiNA THE END.

Pour la première fois du set nous avons un titre qui n’est pas un générique d’anime que yama a coécrit : Nosekao. Le clip est magnifique et c’est un plaisir qu’il soit diffusé ici et que le public soit aussi réceptif.

Le concert est court et c’est déjà pratiquement la fin. Nous avons enfin droit à Mahi son second gros hit et premier générique d’anime. Il est écrit et composé par TOOBOE. Producteur de vocaloid, il a écrit plusieurs chansons pour yama ainsi que pour de nombreux artistes et lui-même.
Le concert se termine avec son titre phare, celui qui l’a fait connaître : Haru wo Tsugeru. Un titre indé qui a fait connaître l’artiste au Japon, mais aussi dans le reste du monde. Il était très attendu et c’est le point culminant du concert, mais aussi son point final.

yama a cette aura incroyable et une justesse vocale très appréciable sur scène autant que lors des enregistrements studio. Le public a été conquis et à tout donner durant son set. Tout le monde espère son retour en Europe pour un concert complet.

Set list
Shikisai
Halo
Magical Syndrome
Oz.
Tobou yo
slash
Nisekao
Mahi
Haru wo Tsugeru

Pour suivre Yama
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Tanja

Tanja écrit sur la J-music, les mangas et les anime. Tombée très tôt amoureuse du Japon, elle est rédactrice depuis 1997 dans différents fanzines, magazines (Japan Vibes, Rock one), webzines (JaME, Journal du Japon) ainsi que sur son blog (Last Eve). Avec son groupe de visual kei français elle fait en 2004 la première partie de Blood premier groupe de vk à venir en France. En 2019, elle co-crée le podcast du BL Café pour parler de Boys' love aux plus grand nombre. Puis en 2022, elle intègre la team du Cri du mochi pour parler manga et anime généraliste sur Twitch.

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